✅ Chaque fiche du site porte un bloc ADN et une phrase : « Barème détaillé dans notre méthode. » Voici cette méthode, en entier, y compris ce qu’elle nous interdit d’écrire et les erreurs qu’elle nous a fait corriger.
🔍 La règle qui commande toutes les autres
Un profil de couverture n’est pas une note de test. Quand une fiche indique que la rédac n’a pas joué au jeu, c’est vrai, et le bloc ADN ne prétend pas le contraire : il résume ce que la fiche officielle du jeu permet de vérifier, pas ce que le jeu vaut manette en main.
Les tests joués par la rédac existent aussi sur le site, et ils le disent. Les deux ne se mélangent jamais dans un même tableau.
📊 Le détail, point par point
D’où viennent les chiffres, et pourquoi ils ne collent pas toujours
Pour chaque jeu Steam, on relit trois sources officielles le même jour : la page publique en version française, l’API appdetails pour le prix en euros depuis la France, les langues et la déclaration de contenu, et l’API appreviews pour le détail des évaluations.
Un détail que peu de sites mentionnent : ces sources ne donnent pas le même nombre d’avis. On a consigné treize cas où la page et l’API donnent des totaux différents, parfois de plusieurs centaines. Exemple : sur Her New Memory, la page affichait 3 238 avis et l’API 3 640 au relevé du 15/09/2026, 3 234 et 3 635 au recomptage du 04/10.
Corrigé le 04/10/2026 : ces sources ne se contredisent pas, elles ne comptent pas les mêmes gens. On a longtemps écrit « contradiction » faute de savoir l’expliquer. Le résumé d’une page de vente ne compte que les joueurs ayant acheté le jeu sur Steam ; l’API répond par défaut pour tout le monde, clés activées hors Steam comprises. Vérifié sur neuf jeux : en demandant à l’API ce seul public, on retrouve le chiffre de la page au chiffre près, huit fois sur neuf. Les quelque quatre cents avis d’écart sur Her New Memory, 403 exactement au relevé du 04/10, sont donc des joueurs venus par une clé, et pas une erreur de comptage. Détail et tableau dans notre panorama Steam.
La règle qu’on applique : on publie le chiffre de la page, parce que c’est celui qui est cohérent avec le pourcentage affiché juste à côté, et celui que le lecteur verra s’il va vérifier. La date du relevé est toujours indiquée : ces chiffres bougent.
Le barème ADN : cinq critères, de 0 à 5
Le bloc ADN note cinq critères choisis pour ce jeu-là, pas une grille identique pour tous. Un jeu de cartes gratuit et un visual novel de vingt heures ne se jugent pas sur les mêmes axes.
| Note | Ce qu’elle veut dire |
|---|---|
| 5 | Le jeu est au sommet de notre panorama sur ce point |
| 4 | Nettement au-dessus de la moyenne des jeux qu’on a documentés |
| 3 | Dans la moyenne |
| 2 | En dessous, sans être disqualifiant |
| 1 | Point faible assumé, à connaître avant d’acheter |
La comparaison se fait toujours à l’intérieur de notre corpus, jamais contre le catalogue Steam entier qu’on n’a pas lu. C’est pour ça qu’un 5 en « volume d’avis » ne veut pas dire la même chose ici que chez un site qui aurait documenté mille jeux.
La barre de preuve sous les critères, elle, n’est jamais une note maison : c’est le taux d’avis positifs mesuré par Steam, avec le nombre d’évaluations à côté. Quand un jeu n’a pas de chiffre public vérifiable, il n’y a pas de barre.
La déclaration de contenu, lue avant d’écrire
Steam impose à chaque éditeur adulte une déclaration de contenu. Elle n’apparaît ni dans les tags, ni dans le résumé, ni dans la description longue. C’est pourtant le seul endroit où un studio écrit noir sur blanc ce que contient son jeu.
On l’a appris à nos dépens. Le 2 septembre 2026, un contrôle sur nos vingt et une premières fiches a montré que trois d’entre elles sous-décrivaient gravement le contenu déclaré par leur propre studio. Elles ont été corrigées le jour même, avec la déclaration publiée verbatim dans une section dédiée.
Depuis, la déclaration se lit AVANT la rédaction, et un outil la remonte automatiquement. Mais il signale, il ne tranche pas : deux jeux ont été sauvés d’une exclusion injuste parce que la lecture complète changeait tout. Sur l’un, le terme repéré figurait dans une phrase qui affirmait que le jeu n’en contenait PAS. Sur l’autre, la phrase entière disait « consensual sex ».
Quand une déclaration mentionne un sujet de santé mentale, comme l’automutilation, elle est publiée en entier et accompagnée d’un avertissement explicite, jamais d’une note de bas de page.
Ce qu’on refuse de documenter, et pourquoi
Un jeu dont la déclaration officielle annonce du non-consenti n’a pas de fiche ici, quelle que soit sa note. Ce n’est pas une position morale sur les fantasmes, c’est une ligne éditoriale : on ne fabrique pas de trafic sur ces titres.
Trois exemples, avec leur motif exact :
| Jeu écarté | Ce que le studio déclare |
|---|---|
| Le Camp des Péchés | Érotise le viol dans un cadre concentrationnaire |
| Milf Barman | « forced/lacking consent and non-consensual sex, sexual assault, blackmailing and stalking » |
| Femdom Game World: Stepmother | « The game contains sexual violence » |
Le cas le plus coûteux : Training Lucie affichait 332 avis et la mention « très positives », c’était le meilleur candidat de sa file. Sa déclaration annonce « enlèvement, séquestration ». Écarté. D’autres titres ont subi le même sort sur la même règle.
Et pour les plateformes IA, une deuxième règle. On ne documente aucun outil conçu pour déshabiller une photo, fabriquer un deepfake ou échanger le visage d’une personne réelle. C’est une exclusion de catégorie : ces produits n’ont pas de fiche ici, quelle que soit leur audience.
Ce test se fait mot à mot, et il produit beaucoup de faux positifs. Huit fois au moins, une alerte levée sur un mot-clé s’est effondrée à la lecture : des occurrences d’« undress » qui étaient des fragments de « sundress », un « celebrity » qui désignait le métier fictif d’un personnage, un bouton « Undress » qui s’appliquait à une image produite sur la plateforme et pas à une photo importée. La présence d’un mot ne qualifie pas une fonction, et on lit avant d’écarter.
Le 13 septembre 2026, on a repassé toutes nos fiches de plateformes à ce crible, y compris celles publiées avant que la procédure n’existe. Deux signaux ont survécu à la lecture, et ils sont publiés dans les fiches concernées plutôt que gommés : un tag « Real Person Fiction » sur PixAI, des outils de face swap annoncés sur SeaArt. Aucune des deux n’a été dépubliée, et les deux fiches expliquent pourquoi.
Une précision honnête : la frontière n’est pas toujours nette. Un jeu qui mentionne une pratique parmi quinze autres, sans en faire sa prémisse, reste en ligne avec sa déclaration publiée. Le lecteur arbitre avec l’information sous les yeux.
Les prix : en euros, depuis la France, et hors promotion
Une erreur corrigée le 3 septembre 2026 : vingt et une fiches affichaient des prix en dollars, relevés sans paramètre de pays. Un lecteur français lisait « 13,99 $ » pour un jeu qui lui coûtait 5,79 €. Tout a été repris, jeu par jeu.
Trois règles depuis :
- le prix est relevé en euros avec le paramètre France, jamais converti à la main ;
- le prix publié dans les tableaux est le prix normal, pas le prix promotionnel, avec la promotion signalée à sa date ;
- les contenus additionnels sont comptés à part et totalisés, parce que sur beaucoup de jeux adultes ils coûtent plus cher que le jeu.
Une conséquence pratique : aucune de nos images de couverture n’affiche de prix. Une image se périme moins vite qu’un tarif, et un prix incrusté dans un visuel ne se corrige pas d’une ligne.
Le français : ce que le compteur de langues ne dit pas
Steam affiche un nombre de langues. Ce nombre ne prouve rien. On lit à la place le tableau officiel de la fiche, colonne par colonne : interface, audio, sous-titres.
Trois cas rencontrés, tous vérifiables :
- Un jeu qui déclare le français sans l’avoir. Son tableau coche interface et sous-titres, et son studio écrit quelques lignes plus bas que la traduction n’est pas encore disponible. On a tranché en faveur du studio et retiré le jeu de nos traduits.
- Un studio qui prévient que sa traduction est générée automatiquement. Un seul l’écrit sur toute notre sélection. Les autres ne disent rien, ce qui ne veut pas dire qu’ils font mieux.
- Un jeu dont le tableau ne coche que l’interface, pour trente langues, anglais compris. La version française se limite alors aux menus.
Les avis rédigés en français, eux, se relèvent à part. On ne les publie qu’à partir de plusieurs dizaines d’avis, toujours avec la taille de l’échantillon à côté. Quatre avis ne disent rien, même quand ils sont tous négatifs, et l’écrire serait trompeur.
Ce qu’on ne publie jamais
Aucun fait sans source. Chaque fiche est écrite à partir de la page officielle du jeu, relevée à une date précise. Ce qui n’y figure pas n’est pas écrit : ni durée de jeu supposée, ni nombre de scènes estimé, ni qualité de traduction devinée.
Aucune note de test inventée. Si la rédac n’a pas joué, la fiche le dit dans sa légende, en toutes lettres.
Aucun superlatif non borné. « Le seul jeu à faire X » est faux dès qu’on élargit le corpus. On écrit donc « le seul de notre panorama » ou « le seul du studio », et on nomme les titres qui permettent de vérifier.
Aucun raisonnement déguisé en donnée. Quand une explication est une hypothèse, elle est présentée comme telle, avec la phrase qui le dit.
Nos erreurs, et comment on les a corrigées
Une méthode qui ne raconte que ses réussites n’est pas une méthode. Voici les erreurs qui ont fait évoluer celle-ci.
| Erreur | Correctif |
|---|---|
| Quatre fiches affichaient un prix relevé pendant une promotion, alors que la règle du prix hors promotion est écrite sur cette page | Les cinquante-sept lignes du tableau Steam ont été revérifiées une par une contre l’API officielle le 14/09/2026. Quatre prix corrigés, chaque fiche portant la correction et son motif |
| Quatre fiches publiées avant la règle de lecture des déclarations portaient sur des jeux annonçant du sexe non consenti | Les vingt-cinq fiches antérieures ont été réauditées le 11/09/2026. Quatre pages dépubliées, trois complétées de leur déclaration intégrale |
| Trois fiches sous-décrivaient le contenu déclaré par leur studio | Déclaration lue avant rédaction, outil de tri créé, sections dédiées ajoutées |
| Vingt et une fiches affichaient des prix en dollars | Reprises une par une, règle du relevé en euros depuis la France |
| Trois affirmations d’exclusivité se sont révélées fausses | Interdiction des superlatifs non bornés |
| Un rang annoncé de mémoire était faux (troisième au lieu de sixième) | Tout rang se lit au tableau, et la fiche nomme les titres qui précèdent |
Des prix étaient aussi incrustés dans des images de couverture. Corriger les articles ne suffisait pas : les visuels ont été regénérés et la règle inscrite dans l’outil qui les fabrique, pour que l’erreur ne puisse pas revenir.